Durée de la garde à vue : 24h, 48h, 96h… combien de temps maximum ?
Découvrez la durée maximale d'une garde à vue selon l'infraction : 24h, 48h, 96h ou 144h. Conditions de prolongation et droits du gardé à vue expliqués simplement.
Découvrez la durée maximale d'une garde à vue selon l'infraction : 24h, 48h, 96h ou 144h. Conditions de prolongation et droits du gardé à vue expliqués simplement.

Votre proche vient d'être placé en garde à vue et vous ignorez quand il sera libéré. Ou vous-même redoutez cette situation sans savoir combien de temps elle peut durer. La durée d'une garde à vue varie considérablement selon la nature des faits reprochés, allant de 24 heures à plusieurs jours dans les affaires les plus graves. Comprendre ces délais permet d'anticiper la suite des événements et de mieux exercer ses droits. Cet article vous explique les différentes durées légales et les conditions de leur prolongation.
Réponse rapide : La garde à vue dure initialement 24 heures, renouvelable une fois pour atteindre 48 heures. Pour les infractions graves comme le trafic de stupéfiants ou le terrorisme, elle peut être prolongée jusqu'à 96 heures, voire 144 heures en matière terroriste. Seul un magistrat peut autoriser ces prolongations.
24 heures constituent la durée initiale — Toute garde à vue commence par une période de 24 heures maximum, quel que soit le type d'infraction.
La prolongation nécessite l'autorisation d'un magistrat — Le passage à 48 heures n'est pas automatique. Un procureur ou un juge doit expressément l'autoriser.
Les infractions graves permettent des durées exceptionnelles — Criminalité organisée, trafic de stupéfiants et terrorisme obéissent à des régimes dérogatoires pouvant aller jusqu'à 144 heures.
Le décompte commence à l'interpellation — La durée se calcule à partir du moment où la personne est privée de liberté, pas de son arrivée au commissariat.
Le régime ordinaire de la garde à vue s'applique à l'immense majorité des infractions. Il prévoit une durée initiale de 24 heures, pouvant être prolongée une fois pour une durée identique.
Cette première période de 24 heures débute dès le moment où la personne est appréhendée et privée de sa liberté d'aller et venir. Si vous êtes interpellé à votre domicile à 8 heures du matin, votre garde à vue expire en principe le lendemain à 8 heures, sauf prolongation.
Pendant ces premières 24 heures, les enquêteurs procèdent aux auditions, aux éventuelles confrontations et aux actes d'investigation nécessaires. À l'issue de ce délai, trois possibilités s'offrent au procureur de la République : ordonner la libération, autoriser la prolongation, ou décider des suites judiciaires.
Ce que dit la loi : L'article 63 du Code de procédure pénale dispose que la garde à vue ne peut excéder 24 heures. Toutefois, elle peut être prolongée pour un nouveau délai de 24 heures au plus, sur autorisation écrite et motivée du procureur de la République.
La prolongation de la garde à vue n'est jamais automatique. Elle suppose que l'enquête le nécessite et que l'infraction soit punie d'une peine d'emprisonnement d'au moins un an. Le procureur de la République doit autoriser cette prolongation par écrit, en motivant sa décision.
Avant d'accorder cette prolongation, le magistrat peut décider de présenter la personne gardée à vue devant lui. Cette présentation permet au procureur d'apprécier directement l'état de la personne et la nécessité de poursuivre la mesure. Dans la pratique, cette présentation n'est pas systématique et l'autorisation intervient souvent par téléphone ou par écrit.
À noter que la personne gardée à vue bénéficie d'un nouvel entretien de 30 minutes avec son avocat dès le début de la prolongation. Ce second entretien permet de faire le point sur l'évolution de la situation et d'adapter la stratégie de défense si nécessaire.
La prolongation porte la durée totale maximale à 48 heures. Pour la grande majorité des infractions courantes comme les vols, violences, escroqueries ou délits routiers, cette durée de 48 heures constitue le plafond absolu.
Certaines infractions d'une particulière gravité justifient, aux yeux du législateur, des durées de garde à vue prolongées. Ces régimes dérogatoires concernent principalement la criminalité organisée et le terrorisme.
Pour les infractions relevant de la criminalité organisée, la garde à vue peut être prolongée au-delà de 48 heures. Deux prolongations supplémentaires de 24 heures chacune peuvent être accordées, portant la durée totale maximale à 96 heures, soit quatre jours.
Les infractions concernées sont limitativement énumérées par le Code de procédure pénale. Il s'agit notamment du trafic de stupéfiants, du proxénétisme aggravé, de l'extorsion en bande organisée, de l'association de malfaiteurs en vue de commettre un crime, du blanchiment aggravé, ou encore des vols en bande organisée.
Ces prolongations exceptionnelles ne peuvent être accordées que par le juge des libertés et de la détention, et non par le simple procureur. La personne gardée à vue doit obligatoirement être présentée à ce magistrat avant toute prolongation au-delà de 48 heures.
Ce que dit la loi : L'article 706-88 du Code de procédure pénale autorise, pour les infractions relevant de la criminalité organisée, deux prolongations supplémentaires de 24 heures chacune, sur décision du juge des libertés et de la détention.
Les infractions terroristes obéissent au régime le plus sévère. La garde à vue peut atteindre 144 heures, soit six jours complets. Ce délai exceptionnel se justifie, selon le législateur, par la complexité des enquêtes terroristes et les risques que représentent les personnes suspectées.
Le schéma de prolongation est le suivant : après les 48 premières heures de droit commun, le juge des libertés et de la détention peut accorder une première prolongation de 48 heures, puis une seconde de 24 heures supplémentaires. Si un risque sérieux d'action terroriste imminente existe, une ultime prolongation de 24 heures peut être accordée, portant le total à 144 heures.
Ces durées exceptionnelles s'accompagnent de garanties renforcées. La personne doit être examinée par un médecin à chaque prolongation. L'avocat peut consulter les procès-verbaux d'audition à partir de la 96e heure. Le juge des libertés et de la détention doit motiver spécialement sa décision et caractériser les éléments justifiant le maintien en garde à vue.
Les mineurs bénéficient d'une protection renforcée en matière de garde à vue. Les règles varient selon l'âge de l'enfant au moment des faits.
Les mineurs de moins de 13 ans ne peuvent pas être placés en garde à vue. Ils peuvent uniquement faire l'objet d'une retenue de 12 heures maximum, renouvelable une fois, pour les crimes ou délits punis d'au moins cinq ans d'emprisonnement.
Les mineurs de 13 à 16 ans peuvent être placés en garde à vue pour une durée initiale de 24 heures. La prolongation à 48 heures n'est possible que pour les infractions punies d'au moins cinq ans d'emprisonnement.
Les mineurs de 16 à 18 ans sont soumis à des règles proches de celles des majeurs, mais avec des garanties supplémentaires. La prolongation au-delà de 48 heures dans le cadre de la criminalité organisée leur est applicable, mais les parents doivent être informés dès le début de la mesure.
Le point de départ de la garde à vue correspond au moment précis où la personne est privée de liberté. Ce n'est pas l'heure d'arrivée au commissariat qui compte, mais l'heure de l'interpellation effective.
Si vous êtes arrêté dans la rue à 14h30, puis conduit au commissariat où vous arrivez à 15h15, votre garde à vue a débuté à 14h30. Cette précision a son importance puisqu'elle détermine l'heure exacte d'expiration de chaque période de 24 heures.
Les enquêteurs consignent scrupuleusement ces horaires dans les procès-verbaux. Toute imprécision sur le point de départ peut constituer une irrégularité de procédure susceptible d'entraîner la nullité de la mesure.
Il arrive que la garde à vue soit interrompue pour des raisons médicales ou pour permettre la réalisation d'actes à l'extérieur du commissariat, comme une reconstitution ou une perquisition. Ces interruptions suspendent le décompte du temps, qui reprend ensuite normalement.
Peut-on être libéré avant la fin du délai de 24 heures ?
Oui, la durée de 24 heures constitue un maximum, pas une durée incompressible. Si les investigations sont terminées et que le procureur a pris sa décision sur les suites à donner, la personne peut être libérée à tout moment. Dans la pratique, certaines gardes à vue se terminent après quelques heures seulement lorsque les éléments recueillis permettent de clore rapidement l'enquête.
Que se passe-t-il si les délais légaux ne sont pas respectés ?
Le dépassement des délais légaux de garde à vue constitue une irrégularité grave. La personne maintenue au-delà du temps autorisé peut invoquer cette violation devant le tribunal pour demander la nullité de la procédure. Si la nullité est prononcée, les actes accomplis pendant la période irrégulière sont annulés et ne peuvent plus être utilisés comme preuves. Cette sanction peut conduire à l'abandon des poursuites si les éléments restants sont insuffisants.
La nuit compte-t-elle dans le calcul de la durée ?
Oui, le décompte de la garde à vue s'effectue en heures pleines, sans interruption pour la nuit. Si votre garde à vue débute à 22 heures, elle expire en principe le lendemain à 22 heures, sauf prolongation. Toutefois, certains actes ne peuvent pas être réalisés de nuit : les perquisitions domiciliaires sont en principe interdites entre 21 heures et 6 heures, sauf exceptions prévues par la loi.



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